Le meilleur papier du monde est fabriqué à la main depuis le VIIe siècle en Chine avec une fibre spéciale de grande longueur, qui n'a besoin d'aucune colle ni charge pour avoir de la consistance, boire l'encre et les pigments, résister au temps qui passe. Il porte le nom de la région où il est confectionné : Xuanzhi (prononcer Hssüenndjeu, papier de Xuan). Les artisans japonais n'ont jamais réussi à le reproduire. Au fil des siècles, son nom a été adopté par tous les fabriquants chinois, quelle que soit la région ou la matière première, pour désigner le papier absorbant pour artistes ; on commence à voir des produits ainsi baptisés chez les discounters européens. Mais seul le papier estampillé par les deux ou trois ateliers originaux est le véritable Xuanzhi et il fait l'objet de restrictions à l'exportation, voire d'une interdiction totale pour l'une des marques. Toutefois, grâce à une présence et des accointances vieilles de plus de trente ans, le Comptoir des écritures a le pouvoir d'en fournir assez régulièrement.
Washi or not washi ?
Le Japon est connu pour avoir fait de la fabrication du papier un symbole de toutes les qualités nationales. La sélection des matières premières, le travail manuel de préparation et de purification, la confection des feuilles y atteignent des niveaux ahurissants, grâce à quoi les artisans qui en produisent encore sont parfois classés, comme des monuments historiques. Le washi ou "papier japonais" est indispensable non seulement pour la calligraphie et la peinture mais aussi pour l'estampe, ainsi que des activités artisanales très variées (création de lampes, sculpture, emballage de luxe, etc.)